Stephen Poloz, le nouveau gouverneur de la Banque du Canada

Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada

C’est Stephen Poloz qui prendra les rênes de la Banque du Canada pour remplacer le gouverneur sortant Mark Carney. Un choix qui peut sembler surprenant. Même s’il est bien connu à Ottawa, M. Poloz n’est pas aussi connu à l’extérieur de la capitale canadienne. Certains craignent que cela pourrait lui nuire alors qu’il tentera de relancer le Canada au sortir de la pire crise économique qu’il ait connu depuis une génération.

On peut dire que Mark Carney laisse derrière lui de grands souliers à chausser. Ses politiques économique et monétaire sont reconnues pour avoir aider le Canada à se sortir relativement indemne de la crise financière. Regardons maintenant ce qui attend le nouveau gouverneur.

Stephen Poloz

Il quitte son poste de président et chef de la direction d’Exportation et développement Canada (EDC) pour prendre le commandement de la Banque du Canada. Il possède plus de 30 années d’expérience dans les secteurs privé et public, dont 14 à la Banque du Canada au cours des années 80 et 90. Il est titulaire d’un doctorat et d’une maîtrise en économie de l’Université de l’Ouest, et d’un Baccalauréat en économie avec mention de l’Université Queen. Il est diplômé du Senior Executive Program de l’Université de Columbia et est un professionnel du commerce international certifié. Il est originaire d’Oshawa et vit maintenant à Ottawa. Il a deux enfants et est grand-père.

Changement de direction en vue?

Probablement pas. Sa vision semble s’accorder à celle de Mark Carney, du moins en ce qui concerne le maintien des faibles taux d’intérêt et la prise de décisions guidée par un optimisme prudent. Bien qu’ils aient tous deux pour objectif le retour à des niveaux d’intérêts plus normaux, ils sont bien conscients qu’une remontée trop rapide pourrait entraîner une hausse du taux de chômage et provoquer des conditions de vie difficiles pour bon nombre de Canadiens.

De quoi l’économie canadienne a-t-elle besoin?

Une route difficile se dresse devant lui. La récession qui a secoué le monde en 2008 se poursuit par l’entremise de la crise européenne, le marché immobilier américain continue de battre de l’aile et le coût de la vie demeure élevé. Tels sont les éléments avec lesquels M. Poloz doit composer. Les taux d’intérêt demeurent près de leur niveau plancher, ce qui contribuent à faire augmenter le niveau d’endettement par ce que les consommateurs se bousculent pour emprunter de l’argent à faible coût au lieu d’épargner.

Les défis à venir

Le nouveau gouverneur de la Banque du Canada doit marcher sur une ligne fine. Il devra éventuellement trouver l’équilibre entre le besoin d’augmenter les taux d’intérêt tout en maintenant l’activité économique et rester attrayant pour les investisseurs étrangers. Si les taux d’intérêt sont trop élevés, ils ne seront pas intéressés. Il doit également inciter les Canadiens à épargner davantage et à moins dépenser, un message qui a été largement ignoré jusqu’à présent, le ratio d’endettement des ménages par rapport à leur revenu atteint désormais des niveaux dangereux.

Que devraient faire les Canadiens?

Les Canadiens qui souhaitent avoir une bonne prospective sur l’avenir économique devraient surveiller de près les premiers pas de M. Poloz. La pression pour une hausse des taux d’intérêt commence déjà à se faire sentir, le CD Howe Institute recommande qu’il les augmenter dès que possible.

En attendant, mieux vaut continuer à payer ses dettes, particulièrement celles à intérêt élevé et résister à la tentation de s’endetter davantage.

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