Mark Carney. les banques doivent regagner la confiance des consommateurs

Mark Carney points to trust in banks as a priority

Depuis l’effondrement financier de 2008, la réputation des banques est lourdement entachée et ce à l’échelle du globe. Avec un taux de chômage toujours élevé, une récession qui perdure et une économie mondiale toujours en dents de scie, d’aucuns diront que peu a été fait au cours des six dernières années pour rehausser l’image de marque des banques. Les gestes répréhensibles, comme le scandale Libor par exemple qui impliquent des établissements bancaires de renom, laissent nombre de Canadiens sur leurs gardes, malgré qu’ils soient convaincus de l’intégrité du système financier canadien. Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney dénonce ce phénomène et exhorte les banques à faire tous les efforts possibles pour regagner la confiance des consommateurs. Un incontournable selon lui pour relancer l’économie mondiale.

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Les banques peuvent-elles rétablir la confiance?

Les Canadiens comme les citoyens des autres pays, ont assisté impuissants au sauvetage à coup de milliards de dollars des banques américaines avec des fonds publics alors que des citoyens ordinaires perdaient leur emploi et étaient incapables de rembourser leurs prêt hypothécaire. Pour soutenir l’économie, les banques centrales ont imprimé de l’argent, ce qui a fait diminuer la valeur des monnaies dans une majorité de pays et a contribué à miner la richesse des individus. Tout cela au moment où les banques continuent à déclarer des millions de dollars de profits à chaque trimestre. Après tout, la crise financière est une manœuvre de banquiers avares qui ont parié avec de l’argent qui ne leur appartenait pas et qui ont touché d’importants bonis en retour.

Les banques devraient renouer avec leurs valeurs de base

S’adressant récemment à un groupe d’étudiants en commerce de l’Université Western, Mark Carney leur a dit «La confiance arrive à pied mais elle repart en Ferrari. Quelles mesures ont été prises pour rétablir la confiance depuis que la Ferrari de la confiance est repartie en trombe en 2008? »

Il suggère que les banques renouent avec une certaine forme d’éthique et ajoute « Le comportement de nombreuses institutions durant la crise a démontré que certaines actions ne sont pas toujours guidés par des valeurs étiques » Il ajoute que les bonis accordés aux banques pour des rendements à court terme créent un déséquilibre qui fait en sorte que le présent est surévalué par rapport à un avenir qui lui est sous-évalué. Il pointe aussi certains agissements de banquiers qui semblent davantage motivés par les gains individuels que par souci de faire avancer l’intérêt général de l’institution et de ses clients. Une banque doit d’abord et avant tout défendre le meilleur intérêt de ses clients.

Le client d’abord

Les banques doivent renouer avec leurs valeurs fondamentales fait-il remarquer ajoutant que les prêteurs sont de plus en plus déconnectés de l’impact réel de leurs actions. La revente et le rachat de défauts de crédit et autres instruments financiers complexes font en sorte que les banques sont plus éloignées que jamais du sort de leurs clients. Elle ont pour souci premier de faire de l’argent et de travailler avec d’autres banques, ensuite elles considèrent les besoins de leurs clients. Il a également parlé de gouvernance et du besoin criant d’un plus grande transparence pour faciliter un regain de confiance du public.

Regagner la confiance

Le système bancaire canadien a fait la preuve qu’un système financier sain et éthique fonctionne. Malgré cela, des études récentes attestent que seulement 56 % des Canadiens croient que les banques agissent toujours de manière juste. Ce qui signifie que près de la moitié des Canadiens ne font toujours pas confiance aux banques. Une partie de cette inquiétude s’explique par la situation financière mondiale mais les annonces répétées de bénéfices records des banques n’aident pas non plus. Encore récemment la BMO annonçait un bénéfice de 1 milliard de dollars au dernier trimestre. Cela suffit à faire se questionner n’importe qui qui paie des frais bancaires.

Une nouvelle génération de fiducies

M. Carney a conclu son discours en rappelant aux étudiants que la responsabilité ultime de l’état du secteur bancaire repose entre leurs mains. Il a exhorté ceux qui vont y travailler à faire preuve d’éthique afin de regagner la confiance du public. Tout cela semble très idéaliste. Dans un monde où les profits semblent avoir préséance sur les individus, certains trouvent difficile de travailler pour les autres quand travailler pour soi est si lucratif. Les salaires exorbitants que touchent les courtiers de BayStreet et de Wall Street demeurent un sérieux problème. Il s’agit d’un frein majeur au retour de la confiance d’un public déjà échaudé. Une fois les irritants éliminés, la confiance que tant de gens vouaient autrefois aux banques, pourrait alors commencer à revenir lentement au bercail.

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