Le niveaux d’endettement diminue

endettement des ménages canadiens
Il semble que les arguments du ministre des Finances, Jim Flaherty, qui incite les familles à réduire leur niveau d’endettement, ne soient pas tombés dans l’oreille de sourds. Les Canadiens ont contracté beaucoup moins de dettes en février qu’au cours des mois précédents. Selon la RBC, l’endettement des ménages n’a progressé que de 4,5 % en février, la hausse la plus faible en plus d’une décennie. Bien qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle pour le ministre Flaherty et pour la Banque du Canada, la dette totale des ménages s’élève toujours à un faramineux 1 670 000 000 000 $.

Les bonnes dettes et les créances irrécouvrables

Bien que l’endettement des ménages représente une somme importante, il faut savoir qu’elle est composée de plusieurs éléments. Pour mieux comprendre, examinons ce qui s’y cache. D’abord, il y a les bonnes et les mauvaises dettes. Une bonne dette est une dette contractée pour augmenter la valeur de son actif comme par exemple un prêt hypothécaire ou un prêt étudiant. La mauvaise dette est du type qui menace la stabilité économique de nombreuses familles canadiennes. Les cartes de crédit, les prêts sur salaire et les marges de crédit sont de ce lot. S’endetter pour financer des achats qu’on ne pourrait se permettre autrement, signifie très probablement qu’on vit au dessus de ses moyens. Les mauvaises dettes sont généralement tributaires du taux d’intérêt préférentiel. Une fois que le taux préférentiel augmentera de nouveau, un grand nombre de familles pourraient soudainement se retrouver dans une situation intenable.

Au delà des chiffres

L’endettement des ménages est constitué de prêts hypothécaires et de prêts non hypothécaires. On doit y regarder d’un plus plus près pour bien comprendre les chiffres. En février, la dette hypothécaire collective des Canadiens s’élevait à 1,16 milliards de dollars, une augmentation de seulement 5,4 %, la plus faible depuis novembre 2001. Quant à elle, la dette non hypothécaire atteignait 512 milliards de dollars, en hausse de seulement 2,5 %, sa plus faible augmentation depuis juillet 1993.

Ce n’est un secret pour personne que le ministre des Finances Jim Flaherty est très préoccupé par l’endettement croissant des ménages. Le mois dernier, M. Flaherty a été contrarié lorsque la RBC et Manuvie ont réduit sous la barre des 3%, leur taux d’intérêt hypothécaire fixe sur 5 ans. Bien que la réduction de l’endettement observée en février soit trop fragmentaire pour en tirer des conclusions durables, elle pourrait annoncer l’émergence d’une tendance qui donnerait au ministre Flaherty une raison de se réjouir. Les Canadiens qui ont gelés leur prêt hypothécaire à taux fixe, sont prémunis contre toute éventuelle remontée du taux de financement à un jour qui rendrait la situation difficile aux familles qui ont des dettes dont le taux d’intérêt est tributaire du taux préférentiel.

L’épargne a encore besoin de stimuli

Même si la réduction de l’endettement des consommateurs est une bonne nouvelle, il est à noter que les Canadiens bénéficieraient aussi de se mettre à épargner. Davantage de personnes vivent de paie en paie et les régimes de retraite d’entreprises sont de moins en moins fréquents, il est donc impératif de prendre immédiatement des mesures pour augmenter le niveau d’épargne. Si tout se déroule comme prévu, le ministre Flaherty devrait majorer la limite de cotisation annuelle au CELI à 10 000 $, une fois que le budget fédéral sera équilibré en 2015. On peut toujours prendre une longueur d’avance et augmenter son épargne dès aujourd’hui. Les experts suggèrent d’épargner 10 % de son revenu. Si cet objectif apparaît trop ambitieux, il faut au moins prendre l’habitude de «se payer d’abord», en adhérant à un plan d’épargne automatique qui permet de placer une partie de ses revenus dans un compte d’épargne au lieu de le dépenser. Petit train va loin. En épargnant seulement 25 $ par semaine à un taux de rendement de 3 %, on amasse plus de 11 000 $ en 25 ans. Pas mal!

Une longue route nous attend

Bien qu’il soit permit de se féliciter de l’amélioration de la situation, l’endettement des ménages constitue toujours une grave préoccupation. Le ratio endettement/revenu a atteint un taux record de 165 % au dernier trimestre de 2012, en légère hausse par rapport aux 164,7 % précédents. Il reste donc beaucoup à faire. Il est recommandé de se fixer un échéancier réaliste pour se débarrasser de ses dettes. La pire des choses serait d’avoir des dettes à la retraite, surtout si on ne possède que peu ou pas d’épargne et qu’on ne bénéficie d’aucun régime de retraite.

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