Dépenser ou épargner son remboursement d’impôt?

remboursement d'impôt

Quand on pense à la saison des impôts, on s’imagine souvent avec horreur, en train de signer un gros chèque au fisc. Pas surprenant qu’on s’étonne d’apprendre que le contribuable moyen à droit à un remboursement à chaque année. Selon Revenu Canada, ce remboursement s’élevait en moyenne à 1580 $ l’an dernier. Avant de faire des folies et de réserver une place sur une croisière 5 étoiles aux Bahamas, examinons ce qui arrive si on investi son remboursement d’impôt et qu’on le fait fructifier. Comme par exemple vers votre prêt hypothécaire actuel ou les detted de vos carte de crédit.

Le remboursement d’impôt, ce n’est pas de l’argent tombé du ciel

Bien que la plupart des Canadiens soient heureux de recevoir un remboursement d’impôts, en réalité, ils ont peu de raisons de se réjouir. Si on les remboursent, c’est qu’ils ont consenti un prêt sans intérêt à l’Agence du revenu du Canada. «De nombreux Canadiens croient qu’un remboursement d’impôt est un boni, alors que c’est simplement un trop payé qu’il leur est rendu», explique Cynthia Caskey, vice-présidente, directrice des ventes et gestionnaire de portefeuille chez TD Wealth Conseils de placement.

Au lieu de considérer un remboursement d’impôt comme de l’argent tombé du ciel, il vaut mieux le dépenser avec prudence. « Il peut être tentant de faire des folies et de s’offrir des articles de luxe, mais de nombreux Canadiens sont endettés, doivent épargner pour l’éducation des enfants et pour la retraite», explique Mme Caskey. « Il est important d’y penser au moment de décider de la façon de dépenser son remboursement d’impôt. »

Obtenir davantage de son remboursement

Les Canadiens font face à une multitude de choix quand vient le moment de déterminer la manière de dépenser leur remboursement d’impôt. Investir dans un REER ou dans un CELI, effectuer un versement supplémentaire sur son prêt hypothécaire? Ajouter à l’épargne pour les études universitaires des enfants? «Je connais tellement de gens qui tergiversent entre l’éducation des enfants, la retraite et la nécessité de garder l’endettement sous contrôle», explique Mme Caskey. « Il est clair que le remboursement des dettes à taux d’intérêts élevés, comme les cartes de crédit par exemple, est prioritaire. Un sou économisé est un sou gagné dirait ma mère! »

Prioriser l’éducation

«On peut aussi envisager investir son remboursement d’impôt dans l’éducation d’un enfant en le déposant dans un REEE (Régime enregistré d’épargne-études) et ainsi être admissible à une subvention équivalent à 20 % de la somme déposée. Cette aide est disponible pour les contributions allant jusqu’à 2 500$ destinées aux enfants de moins de 18 ans» ajoute Mme Caskey. « Comme le remboursement moyen en 2011 était de 1580 $, une telle somme déposée dans un REEE pourrait valoir à l’épargnant un montant supplémentaire de 316 $ grâce à la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE). C’est une excellente façon d’étirer ses dollars durement gagnés malgré les faibles taux d’intérêt qui sévissent en ce moment. »

Rembourser une partie de son prêt hypothécaire

Que faire si on n’a pas d’enfants? Difficile de faire mieux que de profiter du haut niveau de rendement garanti qu’offre le remboursement de son prêt hypothécaire. « C’est le second item sur ma liste si on obtient un remboursement grâce à une cotisation REER. Le gouvernement nous aide à payer notre hypothèque en permettant qu’on utilise des dollars libres d’impôt en guise de récompense pour épargner en prévision de sa retraite. »

Fini les prêts sans intérêt au fisc.

Nous l’avons dit précédemment, ceux qui reçoivent un remboursement chaque année, ont simplement trop payé d’impôts. Non seulement ils ont consenti au fisc un prêt sans intérêt, en plus, cet argent aurait pu être utilisé à de meilleures fins. « Mieux vaut ne pas obtenir de remboursement d’impôt. Si on y a droit, c’est qu’on en a trop payé», rappelle Mme Caskey. « Des cotisations régulières à un REER, effectuées par l’entremise d’un plan de prélèvements pré-autorisés par exemple, indiquent que le flux de trésorerie d’un contribuable peut être amélioré en réduisant le montant d’impôt retenu à la source. On peut en faire la demande en remplissant le formulaire T1213 – Demande de réduction des retenues à la source. »

Stratégies d’investissement en temps de faibles taux d’intérêt

Pour bien investir son remboursement, il est important de tenir compte des taux de rendement en vigueur. De nombreux investisseurs s’intéressent principalement à réduire leur revenu imposable. Mais avec des taux d’intérêt aussi faibles, les choses changent. « Cette approche était valable lorsque les taux d’intérêt étaient beaucoup plus élevés, ce qui suggérait que les investissements fortement productifs étaient maintenus dans un régime de placement à l’abri de l’impôt», ajoute Mme Caskey. « Avec des taux d’intérêt à des niveaux planchers, la performance réelle d’un remboursement d’impôt placé à l’abri de l’impôt n’est plus automatiquement aussi avantageuse. Il est possible d’obtenir des rendements plus importants à l’aide d’autres formes d’investissements, à condition qu’ils offrent des rendements plus élevés. »

Planifier son flux de trésorerie

Que l’on épargne dans le but de verser un acompte sur une maison ou pour la retraite, il est important de calculer les taxes et les impôts à payer au moment d’acheter sa maison ou de toucher son argent. «Je préfère analyser les actifs qui composent le portefeuille d’un client en fonction de son niveau de tolérance au risque tout en tenant compte de l’échéance de ses investissements et de ses éventuels besoins de liquidités.», explique Mme Caskey. «Il peut par exemple planifier un achat important au cours des prochaines années. Il serait alors plus indiqué de posséder des actifs plus stables dans des fonds à revenu fixe facilement encaissables dans un portefeuille imposables, que d’être à la merci du marché au moment de vendre ces actifs pour pouvoir effectuer son achat.»

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