Changements à la SCHL

SCHLInvoquant l’objectif d’équilibrer son budget en 2015, le gouvernement fédéral a décidé de soumettre les sociétés d’État comme la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) à une surveillance accrue. Ottawa craint que la SCHL assure un trop grand nombre de prêts hypothécaires à risque et plonge éventuellement les Canadiens dans une crise immobilière à l’américaine. Cette décision nous affecte tous, autant les propriétaires qui payent une assurance hypothécaire que les contribuables.

Réglementation plus stricte à l’horizon

Les conservateurs ont la réputation d’être responsables et d’administrer l’appareil public de façon efficace, à l’image de l’entreprise privée. La SCHL est devenue un acteur financier incontournable ces dernières années, assurant des prets hypothécaire pour une valeur totale de plus de 600 milliards de dollars. Ottawa souhaite maintenant que la SCHL soient soumise aux mêmes règles que les banques et les compagnies d’assurance en terme de transparence et d’imputabilité. La SCHL a récemment été placé sous surveillance par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) en invoquant la nécessité d’assurer une meilleure gestion du risque. Elle devra dorénavant rendre public ses résultats financiers trimestriels afin que le gouvernement puisse garder un oeil sur sa situation financière.

Des changements qui commencent par le haut

Dans le dernier budget, les conservateurs ont déclaré que la restructuration des sociétés publiques constitue une des principales étapes de l’élimination du déficit d’ici à 2015. Les changements ont déjà commencé et par le sommet: Robert Kelly, un banquier expérimenté de Wall Street, assume désormais le rôle de président de la SCHL, alors que Karen Kinsley démissionne après 25 ans en tant que chef de la direction. Son successeur devrait bientôt être nommé. Il s’agit du premier d’une série de changements attendus à la direction de la société d’État au cours des prochains mois, où tout est possible excepté le statu quo.

Changement de cap

La SCHL a été créé pour assister le secteur immobilier au Canada, mais selon les experts, elle a dévié de son mandat initial et place désormais les contribuables à risque.
« Nous avons observé un changement de direction au cours de la dernière décennie. La SCHL a pris des décisions de nature à exaspérer les contribuables et à potentiellement leur imposer des responsabilités énormes.», lance Ben Rabidoux, analyste et stratège chez Advisors Hanson aux États-Unis.
La SCHL est scrutée à la loupe depuis l’effondrement du secteur immobilier américain en raison de titres adossés à de prétendus actifs sécurisés. Le niveau d’endettement de certains pays d’Europe où les défauts de remboursement de prêts hypothécaires augmentent rapidement, incite la SCHL a accélérer les changements. Bien que les banques canadiennes soient souvent citées parmi les plus stables au monde, un nombre trop important de défauts de remboursement de prêts hypothécaires pourrait poser de sérieux soucis à la SCHL.

Resserrement du crédit hypothécaire

Le gouvernement a déjà resserré les règles qui régissent les prêts hypothécaires en ce qui concerne les prêts assurés. Il a réduit la période d’amortissement maximale de 40 à 25 ans pour les prêts dits à ratio élevé. Bien qu’elles rendent plus difficile l’accumulation du montant minimal requis pour se qualifier pour un prêt dans les marchés dispendieux comme Toronto et Vancouver, ces mesures réduisent le niveau de risque pour l’ensemble des contribuables dans l’éventualité ou les prix chuterait de manière importante.

Un plafond

Après des années d’augmentation, Ottawa a plafonné à 600 milliards de dollars le montant total de prêts assurés par la SCHL. Les assureurs privés comme Genworth comptent bien prendre le relais. Ça semble fonctionner, le montant total d’assurance hypothécaire garantie par la SCHL a diminué à 566 milliards de dollars en 2012, un signe que les banques et les consommateurs font preuve d’une plus grande prudence. Bien qu’il puisse faire mal à court terme, l’objectif est de régler les choses à long terme, d’éviter une éventuelle bulle immobilière à l’américaine et de garder les prix à un niveau modéré. Propriétaires, contribuables et la société canadienne dans son ensemble en bénéficieront. Si vous songez à acheter une maison et que ça vous pousse près de vos limites financières, mieux vaut prendre le temps d’y réfléchir à deux fois avant de faire le saut.

Source
http://business.financialpost.com/2013/05/06/cmhc-robert-kelly-karen-kinsley/?__lsa=8aaf-721e

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