Baisse supplémentaire du taux directeur, envisageable?

Is a Bank of Canada rate cut possible?
Dans la foulée des données économiques pessimistes publiées récemment par Statistique Canada, les économistes et les emprunteurs se demandent si la Banque du Canada pourrait réduire encore davantage son taux directeur.

Comme nous avons connu une croissance de 1,8 % en 2012 et que 2013 s’annonce guerre mieux, il semble de moins en moins probable que la remontée graduelle des taux d’intérêt qu’anticipait la banque centrale pour la fin de l’année, se matérialise. On doit plutôt s’attendre à un maintient des taux faibles jusqu’en 2014. Mais se pourrait-il que la Banque du Canada baisse encore davantage son taux directeur d’ici là?

Les prêteurs réduisent les taux hypothécaires

Bien que la Banque du Canada n’ait pas encore changé son taux d’intérêt d’un jour qui se situe à 1% depuis septembre 2010, les courtiers hypothécaires et les grandes banques réduisent graduellement leur taux hypothécaires depuis deux ans. L’écart entre le taux hypothécaire fixe et le rendement obligataire sur 5 ans, se referme. Au 1er mars, seulement 124 points de base séparaient le rendement obligataire du taux hypothécaire de 2,79 % offerts par Butler Mortgage. Cette situation risque de faire tache d’huile parmi les grandes banques. La BMO a récemment réintroduit son taux fixe à 2,99% sur 5 ans, une offensive qui attirera certainement des offres concurrentielles.

Le Canada devrait-il réduire son taux directeur sous la sacro-sainte barre du 1 %? Ce geste lui permettrait de rejoindre le rang des autres pays industrialisés qui affichent un taux directeur inférieur à cette limite psychologique comme le Royaume-Uni à 0,25 %, les Etats-Unis à 0,25%, les pays européens comme la France et l’Espagne à 0,75 % et le Japon où l’intérêt est au point mort à 0%.

Les dangers des intérêts trop faibles

Les faibles taux d’intérêt mettent un pays à risque de voir sa monnaie s’affaiblir sur les marchés mondiaux et de souffrir les affres d’un crédit trop accessible qui peut mener à un niveau d’endettement insoutenable pour ses consommateurs. La Banque du Canada et le ministre des finances Jim Flaherty mettent les Canadiens en garde depuis des années contre les dangers d’un endettement excessif contracté alors que les taux d’intérêt sont faibles. En finance, tout ce qui descend doit fatalement remonter! Les propriétaires qui négocient un remboursement hypothécaire fixe sur 5 ans alors que les taux sont au plus faible, pourraient se retrouver dans une situation critique si les taux remontent au moment de renouveler leur conditions de remboursement. Certains pourraient voir leurs versements mensuels augmenter de manière dramatique.

Ce qu’en pensent les experts

C’est ce climat de prudence qui porte le Dr Ian Lee, directeur du programme de MBA à la Sprott School of Business de l’Université Carleton et membre du groupe d’experts des taux hypothécaires de RateSupermarket.ca à croire que toute réduction supplémentaire du taux directeur est largement improbable.

« Je doute que la Banque du Canada réduise davantage son taux directeur en raison des préoccupations qu’elle affiche concernant le niveau record d’emprunts et d’endettement des consommateurs», affirme-t-il.

Le Dr Lee rappelle que tout changement de taux, même minime, est très peu probable tant que le PIB et le taux d’inflation n’auront pas dépassés le seuil des 2%.

« Il est clair que la Banque du Canada n’augmentera pas son taux directeur dans une économie aussi chancelante,» lance-t-il. « Je suis d’accord avec les économistes qui prédisent que la Banque va mettre momentanément de côté sa tendance au resserrement des taux. »

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